Lever le voile :

la montagne au masculin-féminin

Appel à articles – jusqu’au 15 novembre 2012


L’appel à contribution a pour objet de proposer une lecture féminin-masculin de la montagne. De nombreux travaux ont déjà explicité les rôles de l’activité humaine dans les espaces montagnards, dans la production agricole, touristique, économique, culturelle. Cette déclinaison s’est souvent effectuée au masculin en dévoilant les pratiques, les usages, les récits des Hommes à la montagne. Cependant, les rapports entre Homme et Montagne ne se conjuguent pas qu’au masculin et se déclinent aussi largement au féminin. L’approche de genre met en exergue « ces points aveugles » tant dans ses références épistémologiques, théoriques, méthodologiques que de la lecture de l’espace, de ses pratiques, de ses représentations (Mac Dowell, 1999, 2008)… Il ne s’agit pas d’opposer des regards masculin – féminin vis-à-vis de la montagne en tant qu’objet de représentations et de pratiques, mais de proposer une lecture plus résolument inscrite dans des perspectives de complémentarité, de comparaison des genres (Louargant S., 2003, 2004), dans une géographie des sexualités (Blidon M. 2008, Jaurand E., 2011). Il s’agit alors, en privilégiant ces approches, d’enrichir les contributions scientifiques révélant la construction au féminin et au masculin de l’objet montagne.


Thèmes

Genre, montagnes, circulations, mouvements

Les montagnes ont été et sont l’objet de flux de circulations, de migrations ainsi qu’objet de mobilités plurielles (saisonnières, quotidiennes…). Ces migrations, ces mobilités concernent tant les hommes que les femmes et recouvrent de multiples réalités. Par leurs déplacements, liés à l’emploi ou à l’agrément…, les femmes participent au déplacement, au croisement, à la diffusion, à la rencontre de trajectoires, de savoirs et de savoir-faire. Elles mettent aussi en exergue des franchissements, des transgressions, des émancipations et modifient les relations au masculin. En élaborant ces franchissements de frontières (physiques et/ou symboliques), les femmes autant que les hommes font de la montagne un lieu de vie renouvelé et non un lieu de marges (échanges transalpins, réseaux de mobilités, réseaux de sociabilité…). L’ensemble de ces formes de mouvements a des impacts socio-spatiaux, territoriaux. Ils mettent notamment en lumière la transformation des codes, des normes, des relations entre les hommes et les femmes, entre hommes, entre femmes dans les espaces de montagne : géographie du travail (formel, informel), géographie de la rencontre, géographie des échanges, géographie de l’amour. Ces territoires, ces lieux de montagnes dans lesquels le mouvement est une valeur constitutive de l’habiter montagnard, laissent voir des empreintes aux masculins/aux féminins qui se lisent tant dans les récits que les pratiques. C’est également dans ces expériences, dans le rapport à la plasticité, aux frontières, à l’art, aux autres et au voyage (Stazack J.F, 2003) que se joue une performance sociale, corporelle (Butler J., 2006).

 

 


 

Genre, montagnes, culture, imaginaires

Les codes, les normes et valeurs de genre se sont exprimés et s’expriment dans les façons de se représenter les montagnes, leurs cultures et/ou leurs pratiques. Souvent présentée au prisme de récits d’hommes (explorateurs, guides de haute montagne…), les montagnes sont également, peut-être de façon plus intime, objets de récits féminins : récits d’explorations, de découvertes (Alexandra David Néel…) et/ou récits de vécus. Les habitants des montagnes participent à la fabrication sociale des identités sociales genrées de manière formelle dans une expression lisible (inscriptions amoureuses sur les rochers des cimes alpines), plus informelle, éphémère ou spontanée. Ainsi, l’expression (littéraire, cinématographique, iconographique) des figures aux masculins et aux féminins, permet de décrypter les imaginaires, les codes, les normes, les valeurs qui s’expriment sur et dans les montagnes, ainsi que dans les pratiques, les usages et les cultures (et leurs diverses formes d’expression) des montagnes.

 

 


 

Genre, montagnes, réaction, action, création, récréation

Espaces d’exodes, espaces refuges, espaces de réactions, espaces de combats, espaces des ressources, espaces d’emplois, espaces d’activités, espaces de créations, espaces de récréations, espaces de réserves, espaces des projets, espaces de vies… les montagnes sont objets de pratiques plurielles. Les femmes y ont joué un rôle sans pour autant en avoir la reconnaissance. L’approche au masculin et au féminin des pratiques (historiques, sociales, économiques, culturelles…) renouvelle les regards sur les montagnes, leurs usages, leurs pratiques ou leurs fonctions. Ainsi est-elle constitutive d’une meilleure compréhension de la façon de penser la montagne dans ses différentes dimensions. L’invitation est alors à la relecture au masculin-féminin des problématiques sociétales qui s’expriment en montagne.

 

 


 

Genre, montagne, gestion, ressources

Le rôle fondamental des femmes dans la gestion des espaces et/ou des systèmes agricoles montagnards (pluriactivité, diversification, activités pastorales) a été mis en exergue et est reconnu grâce aux apports des organisations professionnelles, des Organisations Non Gouvernementales et/ou des chercheurs. Les hommes et les femmes ont des rapports à l’environnement, aux ressources (eau, plantes, semences…) différenciés et/ou complémentaires. Qu’il s’agisse de gestion, de préservation, de conservation, de transmission, l’approche de genre réinterroge les connaissances, les activités, les pratiques, les vulnérabilités, les fragilités, les rapports à la montagne et la valorisation de ses ressources : biodiversité, agriculture, énergie, alimentation, transmission de savoirs, pédagogie de l’environnement, bien-être, santé… Ces savoirs locaux montagnards sont déterminants dans la gestion globale de la durabilité des montagnes. Ils méritent d’être mieux mis en exergue et font des montagnes des territoires, des lieux d’innovation.


Calendrier

Les propositions d’une demi-page accompagnées d’une rapide présentation du ou des auteur(s) sont à adresser à Sophie Louargant (Sophie.Louargant@iut2.upmf-grenoble.fr), coordonnatrice du numéro ou à Emmanuelle Tricoire (Emm@nuelleTricoire.eu), coordonnatrice de la rédaction.

Les contributions rédigées selon les normes de publications de la RGA devront être envoyées au format de 30 000 signes, et nous parvenir pour le 15 novembre 2012, dans la perspective d’une publication prévue pour le mois de juillet 2013. Les règles de publication de la RGA sont à consulter sur le site de la revue : http://rga.revues.org.

  • Les articles retenus devront être fournis en français et en anglais. Les articles non conformes aux consignes ci-dessus seront renvoyés à leurs auteurs.

Télécharger le texte intégral

 

 

 

  

 + d’infos :

http://rga.revues.org/1769

Public concerné : chercheurs, étudiants

Type d'actualité : appels_publications